La lecture, l'écriture, la littérature, quelques poèmes, deux ou trois idées enfin, comme autant de baumes pour nos âmes meurtries.
Ah, quel dommage !
Quel dommage, en effet... Je n'ai pas le temps, c'est tout. Le temps et...l'énergie, sans doute.
Je voudrais tellement étayer le propos qui va suivre de faits précis, de dates, de renvois référencés, de notes incontestables, de rapports dignes de foi, d'astérisques en pagaille, d' une bibliographie de trois pages au moins, de remerciements pour tous les "contributeurs" à cette vaste entreprise... Je voudrais tellement !
Un vrai travail de scientifique, quoi ! Avec la froide objectivité de celles et ceux qui affichent "Bac+10", voire plus !
Au dessus de mes moyens. Définitivement...
Mais je pense quand même...
C'est peut-être la seule chose que j'ai apprise, au lycée, d'ailleurs. A penser... Et ce n'est pas rien ! Car chez moi, "on ne pensait pas, Monsieur, on ne pensait pas..."
Bref ! En toute subjectivité, donc, je vous fais part de cette réflexion. Et "honni soit qui mal y pense"...
Qu'est-ce que j'apprends ?
Une particule atomique, si petite, si infime qu'on peut à peine la concevoir intellectuellement, qu'aucun microscope, si perfectionné fût-il, ne peut montrer, aurait dépassé... la vitesse de la lumière ! Soit, trois cent mille kilomètres par seconde !
La vitesse de la lumière, trois cent mille kilomètres par seconde, je répète... Dépassée !
Dès lors, un mur de certitude s'effondre ! Une limite au delà de laquelle, à ce qu'on croyait, rien n'était possible !
Enfin ? C'est ce qu'avait affirmé Albert, il y a plus d'un siècle, non ?
S'il y avait une vérité première sur laquelle l'humanité entière pouvait sereinement s'appuyer, c'était bien celle-la ! Croyants ou pas !
Les athées, dont je suis, et les mystiques avaient au moins ce repère en commun !
Du coup, tout s'écroule ! E=mc2 la merde... Voilà où on en est...
Bien... On va attendre un peu. Ne nous emballons pas. D'autres travaux devront confirmer ou infirmer cette découverte. N'empêche, n'empêche, le doute s'immisce.
Quand j'étais enfant, il y a... longtemps, dans les années 60, on va dire, on ne jurait que par les antibiotiques.
On m'en a fait avaler des boîtes entières. La pénicilline, comme la panacée universelle ! La moindre maladie infantile était systématiquement traitée par les antibiotiques. On croyait, alors, détenir le remède miracle.
Jusqu'à ce qu'on constate que les bactéries, pas si folles, pouvaient muter et ignorer, par là même, les fourbes, l'attaque des antibiotiques avec leurs gros sabots.
Aujourd'hui, on prétend que "les antibiotiques, c'est pas automatique". L'aveu, à peine voilé, d'un sérieux revers.
Même si, même si, bien sûr, à une époque donnée, les antibiotiques ont représenté un incontestable progrès.
L'erreur a simplement consisté à croire et à faire accroire qu'on détenait enfin la solution pérenne pour nombre de nos maux.
On remonte dans le temps.
A la toute fin du dix-neuvième siècle, les premières automobiles rivalisaient de vitesse.
Le 1er Mai 1899, "La jamais contente" dépasse les 100 kilomètres par heure. Bien...
Le croirez-vous, à la veille de ce record, nombre de scientifiques de l'époque prétendaient que le corps humain ne pouvait résister à une telle vitesse !
Or, aujourd'hui, les pilotes de chasse flirtent régulièrement avec les "Mach 1 et 2". Soit de mille à deux milles kilomètres par heure et plus. Et ça va...
On peut se reporter aux siècles qui précèdent. Mais c'est trop facile. Et puis, sans leur faire injure, s'agissait-il de vrais scientifiques ? Je veux évoquer ceux qui affirmaient, par exemple, que la terre était plate et qui se proposaient d'installer Galilée sur un bûcher parce qu'il soutenait, quant à lui, qu'elle était ronde.
En l'occurrence, Galilée l'était peut-être, scientifique. D'une certaine façon. Pas au sens où on l'entend aujourd'hui, certes, mais tout de même... En revanche, ses contradicteurs n'étaient que des crétins perclus de certitudes religieuses et dogmatiques. Et, aux dernières nouvelles, la population de ce genre d'individus n'est pas en voie de disparition. Bien au contraire ! Et pas besoin d'engager un cabinet d'experts pour le savoir. Suffit de sortir de chez soi...
Alors, tout ça pour dire quoi ?
Pour dire que rien, jamais, n'est et ne sera sûr et définitif. Qu'elles que soient et qu'elles que seront les avancées scientifiques et technologiques. Aucune vérité scientifique ne peut et ne pourra jamais être établie ad aeternam, inscrite dans le marbre. Qui lui-même est soumis à l'érosion. Y a pas d'raison...
Toutes les découvertes scientifiques, sans exception, seront, dans un avenir plus ou moins proche, revisitées, contestées, ringardisées et remisées.
Alors, quoi ?
Les "scientifiques" ont conscience de ça. Aucun doute, là dessus. Pour eux, mais pour eux seuls peut-être parce qu'ils "sont dedans", qu'ils gambergent, que c'est leur métier, c'est une évidence ! "La vérité est ailleurs", comme disait Fux Mulder ! Où, nulle part ! Ils s'en tapent !
Ce qui les anime, c'est la recherche. Rien d'autre ! Faire danser leurs neurones ! Le bonheur !
C'est tant mieux. Je suis content pour eux. Je les envie même...
Mais... comme les experts (évoqués dans une précédente chronique), qu'ils ne se mêlent pas, à ce point, de nos vies ! De ma vie ! S'il leur plaît... De façon aussi péremptoire, je veux dire. J'attends, nous attendons tous, de leur part, un peu plus d'humilité.
Ils ne détiennent pas la vérité. Tout simplement, parce qu'elle n'existe pas. Ou parce qu'elle est multiple. On peut admettre ça, non ? Même si c'est empirique, intuitif...
"Les scientifiques ont dit que..", "D'après une récente étude scientifique, il est avéré que...", ou bien encore, "C'est indéniable, c'est scientifique !" Notre pensée est quotidiennement bordée, encadrée par ces assertions lues et entendues partout. A la maison comme au travail. A tout moment, partout.
La science comme la plus invasive des religions de notre époque. Celle qui formate et qui n'en finit pas de préconiser, voire d'interdire. Pas moralisatrice, non, mais foncièrement inhibitrice.
Au nom de la science, le plaisir devient suspect et la liberté doit être consommée avec modération.
La médecine, en premier lieu, nous infantilise en permanence. Nous ne pouvons plus désormais manger un rôti de porc, boire deux apéros, ou faire l'amour sans protection avec un ou une inconnue sans une arrière-pensée coupable.
L'économie ensuite, la vérité froide et plombante des chiffres, a envahi tous les départements professionnels et privés de nos vies. Nous ne raisonnons plus qu'en terme de courbes, de graphiques et de camemberts. Même quand on va acheter une baguette.
La chimie qui nous empoisonne, la physique qui nous nucléarise, les mathématiques qui ont enfanté un monstre que plus personne ne contrôle. L'informatique. Avec tous ses codes, on décode complètement !
La météo omniprésente, pour finir sur un ton plus léger, qui nous prive de ces petits bonheurs d'antan quand on était surpris par un orage ou une averse de neige. Parce qu'on ne savait pas...
Pas un domaine, pas un lieu dans lequel la science n'ait son mot à dire. Le monde ne semble lisible que par et à travers la science.
A l'exception notable de l'astronomie, la science est triste à pleurer. Triste et redoutable, dans sa blouse blanche immaculée. Aussi triste et redoutable que l'infirmière "Mademoiselle Ratched" dans "Vol au dessus d'un nid de coucou". Pour celles et ceux qui n'ont pas encore vu ce film, il n'est pas trop tard !
Nous, "on est attirés par les étoiles, les voiles" et "il faut voir comme on nous parle !"
T'as sacrément raison, Souchon !
En ce qui me concerne, dans ma vie, les experts et les scientifiques ne seront jamais que des consultants.
Ni plus, ni moins.