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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 15:06

Ceci est le début de mon deuxième roman...

 

- On ne peut tout de même pas buter tous les cons ?

- Mais non, t’es con…

Sur ces mots, Alpha coupe court à la conversation en tendant la main à son ami Mamadou. Ils se séparent.

Alpha rejoint son bureau. Il a encore beaucoup de travail.

 

C'est quoi ce boucan ?

Assis devant son ordi, César ne peut plus écrire. Il se redresse, prend appui sur le dossier de son siège de bureau (pivotant, ergonomique et tout...) en croisant ses mains sur le sommet de son crâne en ébullition.

 

César vit seul mais il reçoit beaucoup.

Il habite un château au mitan d’un parc de trois hectares délimité par une enceinte trapézoïdale longue de deux cent quarante quasiment réduite à un souvenir. Il en sort rarement.

La mention historique de ce château remonte au quinzième siècle. Il fut restauré, aménagé, transformé, viabilisé par les différents propriétaires qui en eurent la charge. Quelques vestiges originels subsistent néanmoins dont deux tours d’angle cylindriques. A l'une de ces tours, la mieux conservée, est adossé le logis qui fut construit au début du dix neuvième siècle.

........ 

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 11:08

DSC01994.JPG

 

 

Quand je t’ai vu arriver sur ce sentier, alors que j’étais assise sur une souche d’arbre, je crois, j’ai tout de suite compris que tu étais ailleurs. Non pas au sud, au nord ou à l’est mais complètement à l’ouest. Le pas bienveillant, certes, mais un peu anxieux tout de même, la tête baissée croulant sous le poids d’un milliard de points d’interrogation qu’on voyait à l’œil nu.

 

J’ai instantanément compris que c’était toi que j’attendais. Le maître des questions sans réponse. L’expert en interrogations futiles. Le seul, probablement, qui croit encore qu’on peut trouver midi à quatorze heures. En cherchant bien.

 

Même physiquement, station debout et sur le profil droit, tu ressembles à un point d’interrogation. Avec ton ventre rond en avant, la courbure de tes reins, tes chevilles qu’on voit à peine et tes petits pieds qui font le point. Voilà, c’est ça ! Tu fais le point avec tes pieds ! 

 

Oméga éclata de rire comme si on lui avait raconté une bonne blague qu’elle ne connaissait pas.

 

A découvrir sur :

 

  http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342023756

 

 

 

 

 

 

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 05:53

 

 

Un beau matin d'été, un homme, un homme dont on peut dire qu'il n'est plus tout jeune, se promène dans la forêt de Scévolles près de chez lui. A la réflexion, on peut dire que cet homme est âgé. On peut même lui dire qu'il est vieux. Il n'en est plus choqué.

 

Depuis qu'il est à la retraite, et ça fait longtemps, quand le temps s'y prête, il parcourt quasi quotidiennement les mêmes sentiers. Il en connaît chaque pierre, chaque dépression, chaque bosse qu'il effleure de sa canne. Il s'attarde souvent aux mêmes endroits. Là pour admirer un chêne de trois cents ans ou davantage, ici pour caresser le tronc d'un peuplier brisard, ailleurs pour goûter le chant d'un pinçon grâce à sa nouvelle prothèse auditive, ou pour observer le manège incessant d'une mésange charbonnière dans un bosquet. Ses nouvelles lunettes font merveille.

 

A l'orée d'une petite clairière, l'homme aperçoit un vélo couché dans le fossé. C'est un beau vélo mauve. Un vélo de fille. L'homme s'en approche. Mais à qui peut-il bien appartenir...

L'homme scrute les alentours dans un lent mouvement de rotation. Il ne s'agit pas de brusquer cette vieille carcasse percluse de douleurs. Des douleurs en sommeil, certes, là maintenant, mais prêtes à se réveiller à la moindre alerte.

Rien... Il ne voit rien. Ah si ! Là-bas, qu'est-ce ça peut-être ! Un chiffon ? Une étoffe ?

Le vieil homme s'avance. La lenteur de sa marche lui confère la discrétion d'un Sioux.

Il n'en revient pas. A dix mètres de lui, puis à cinq, puis à deux, une nymphe, une déesse, une fée, enfin une jeune fille..., est allongée sur une serviette de bain. Entièrement nue.

Un casque sur les oreilles branché sur un I-Pod, les yeux fermés, elle est ailleurs. Sous le soleil exactement...

 

L'homme déplie sa canne pour en faire un siège provisoire et quelque peu instable et s'immobilise.

Dès lors, il a tout loisir d'admirer la perfection de ce corps féminin. Son visage qui... Non, son regard est d'abord rivé sur le sexe de la jeune fille. Un sexe plein de promesses. Une énigme, un mystère, un sésame. Depuis la nuit des temps... Depuis la nuit des temps, les hommes se perdent dans le sexe des femmes. Y naissent et y reviennent...

Ses seins, ensuite. Les seins. Ces protubérances incongrues. Pourquoi sont-ils aussi attrayants pour les hommes... La mère nourricière, sans doute. On ne sait pas. Le galbe, la rondeur, probablement. Ce côté apaisant, rassurant ? Peut-être...

Son visage pour finir. Fermé, absent. Présent mais pour d'autres que lui.

C'est tant mieux. Il s'en fiche. Il part comme il est venu. Comme une ombre.

 

Le vieil homme laisse un message dans le petit panier du vélo en passant.

Mademoiselle, vous êtes tellement désirable ! Vous êtes le désir incarné, sublimé, emblématique !

Mais sachez une chose, il y a plus grand et plus fort désir que l'homme pour une femme ou que la femme pour un homme...

Il y a le désir de tout désirer. Jusqu'à la mort !

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 09:17

Le conte de la soleil et du lune...

 

 

 

Il était une fois...

Non, non, plus aucun conte ne débute ainsi, aujourd'hui. Non, non...

Reprenons !

 

Il était plein de fois...

Bon. Ça ne va pas non plus...Essayons cela... Hum...

 

Il était quelquefois... Mieux ! Il est quelquefois...

C'est l'histoire de l'une et de l'un. Du temps de l'une et du temps de l'autre. Des rendez-vous manqués entre l'astre et la lune. Si chers à ce bon vieux Trénet. Vous vous souvenez ?

 

« Le soleil a rendez-vous avec la lune, heu !
Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend
Ici-bas souvent chacun pour sa chacune, heu !
Chacun doit en faire autant
La lune est là, la lune est là
La lune est là, mais le soleil ne la voit pas. »

 

Ti da di, ta da da et ta da da poum poum !

Ah, ah ! Hein ? Du génie, non ? Sacré Charles !

 

Il est quelquefois, donc...

Il est quelques fois un homme, somme toute assez lunaire, et une femme... heu...rayonnante.

Cette femme, en perpétuelle révolution, n'accorde pas toujours à l'homme l'éclairage qu'il désire.

De deux choses lune, se dit-il, soit elle veut m'éclipser, soit elle consacre délibérément son énergie ailleurs.

Comme dans la chanson, le soleil attend parfois la lune. Mais, il faut bien le reconnaître, c'est plus souvent le contraire. Et quand l'homme-lune est là, tranquille, chez lui, la femme-soleil ne le voit pas. Elle ne le calcule même pas ! elle va, elle vient, elle s'affaire, elle darde ses rayons un peu partout sauf dans son quartier.

 

Pourtant la lune a du talent !

Les marées, c'est qui, hum ? C'est la lune, évidemment.

C'est grâce à qui que les amoureux peuvent, comme dans un rêve, se promener, main dans la main, sur le sable durci par l'océan qui s'est quelques heures retiré pour leur offrir son domaine ? Hum ?

 

La lune, c'est aussi l'espoir dans la nuit. Une nuit de pleine lune ! Quand le soleil lui délègue sa lumière pour aller voir ailleurs s'il y est, qui éclaire nos pas sur les chemins ? Hum ? C'est la lune, bien-sûr...

 

Et qui est le plus hospitalier des deux ? La lune ou le soleil ? La lune, évidemment. Car personne n'a encore marché sur le soleil...

 

Qui est le plus pacifique des deux ? C'est encore la lune. Personne n'a jamais pris « un coup de lune », pas vrai ?

 

Qui inspire mieux les poètes que la lune ? Ecoutez-ça...

Et c'est dans la nuit brune,

Sur son clocher jauni

La lune

Comme un point sur un i.

C'est de ce bon vieil Alfred de Musset...

 

Cependant, c'est vrai, c'est vrai, la lune n'est pas toujours très bien lunée. D'aucuns disent qu'elle serait même un peu lunatique. Voire, voire, un peu boudeuse...

Alors que le soleil, quant à lui, est toujours radieux. Même quand il a des problèmes, le soleil n'en laisse rien paraître. Les humeurs, les plaintes, chez lui, brillent par leur absence.

C'est que le soleil n'a pas de temps à perdre avec tout ça ! Il lui reste, quoi..., cinq milliards d'années à vivre et, même s'il en a déjà vécus autant, autant dire qu'il compte bien en profiter !

Il irradie, il chauffe les corps et il échauffe les esprits, il fait pousser les arbres, les plantes, sèche le linge accroché sur le fil, enlumine les journées des hommes, fait le beau temps quand la pluie, de guerre lasse, lui laisse la place.

Il fait mûrir les fruits et la vigne et nous offre le vin...

Il ne s'arrête jamais !

 

Et, pendant ce temps, pendant ce temps, l'homme-lune l'attend...

Pas grave, il a une idée lumineuse !

Dans la Mer de Tranquillité, il plonge sa plume et écrit à son astre préféré, la femme-soleil, un petit conte lunéfiant. Heu... lénifiant...

 

Le soleil a rendez-vous avec la lune, mais seulement demain matin, au téléphone.

La lune s'en réjouit !

Réveiller le soleil, ça l'fait, non ?

 

 

 

S., le 03/11/2013

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 04:15

César vit seul mais il reçoit beaucoup.

Il habite un château, au mitan d’un parc de trois hectares délimité par un mur de pierre haut de deux mètres, dont il ne sort jamais. Jamais…

La mention historique de ce château remonte au quinzième siècle. Il fut restauré, aménagé, transformé, viabilisé par les différents propriétaires qui en eurent la charge. Quelques vestiges originels subsistent. Deux tours d’angle cylindriques de l’enceinte longue de deux cent quarante quatre mètres. Et sur l’une d’elle, est adossé le logis.

L’habitation comprend une salle de quatre vingt dix mètres carrés au rez-de-chaussée. Très haute. Grosses poutres de chêne sans âge. Des murs bruts.

On y découvre une grande tapisserie médiévale, ou prétendue telle, sur la façade ouest, que personne n’a été foutu de dater mais qui n’est pas d’hier, ça c’est sûr, à en croire la poussière qui en masque les motifs et l’usure du tissu dont témoignent les nombreux trous qui le parsèment. Tant et si bien qu’elle est illisible. On devine un loup, en bas à gauche. Mais il s’agit peut-être d’un chien. Voire, d’une vache… Bon, disons un loup. César y tient. Et des chevaux montés par des cavaliers sans tête. Dommage ! Certains trous sont positionnés là, précisément, sur la tête des cavaliers. Malicieusement. Une scène de vénerie, quoi. Une chasse au loup, peut-être...

Dans la région, il y avaient encore des loups au tout début du vingtième siècle !

Il y a aussi les accessoires idoines. Des écus, des épées, des fanions, des tentures, des portraits peints d’ancêtres illustres et inconnus, dont celui de Guichard B., accrochés de guingois sur les murs à des emplacements improbables. Certains sont d’époque, d’autres peut-être moins…

Et puis tous ces bibelots, des objets sans âge dont un buste de marbre très beau dont l’origine est sujette à caution. Peut-être un dieu grec mais lequel…

Et… LA bibliothèque de huit compartiments, dont deux fermés par une porte vitrée, d’une douzaine d’étagères chacun, occupant tout le mur ouest, jusqu‘au plafond. Derrière les portes vitrées, les livres anciens, pour la plupart reliés de cuir rouge, ordonnés de manière irréprochable. Sur toutes les autres étagères, un foutoir incommensurable. Des livres debout, couchés, parfois en équilibre instable sur des objets insolites à cet endroit. Tels une pipe, un réveil matin, un cor de chasse, des mouchoirs en papier, un boîte de préservatifs ... Mais aussi, des dossiers, des documents, des feuillets, des journaux, des magazines, des post-it, des tickets de caisse, des cahiers, des notices, des DVD, des CD…

Au nord, le salon. Composé d’un divan de cuir noir long de quatre bons mètres qui fait son âge, face à une cheminée dans laquelle on pourrait faire griller un sanglier. Deux vastes fauteuils latéraux, contemporains du divan.

Et à égale distance des trois éléments, une table basse de chêne massif qui a vécu et sur laquelle ont été posés ou jetés, c’est selon, trois cendriers, une blague à tabac, deux briquets, un verre à Cognac, deux verres à Whisky, encore des journaux, des magazines…

LA chaîne Hi-Fi, enfin. Ampli, tuner, lecteur de CD, quatre enceintes imposantes réparties aux quatre coins de la pièce. Un petit meuble de rangement pour les CD.

Pas de téléviseur.

Le Sud s’invite par une grande porte-fenêtre à petits carreaux. Deux battants ouverts six mois sur douze sur une terrasse de tuffeau blanc et bordée par une balustrade en fer forgé peinte en vert prune.

Quand le temps le permet, allongé confortablement dans une chaise longue sur sa terrasse, César peut contempler la vallée de la Grande B. Il n’a jamais rien vu de plus beau. Faut dire qu’il n’a pas vu grande chose dans sa vie. Autant dire rien d’autre que son château.

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 13:29

La "culpabilisation", un des deux  meilleurs outils du stratège.048

L'autre, c'est la "manipulation". Une autre chronique à venir...

 

Du stratège, donc,  du leader, du manager, du gendarme, de l'instituteur, du parent et, bien évidemment, du gouvernant...

Pour mutualiser ses erreurs passées (ou celles de ses prédécesseurs...) et ses néfastes conséquences, pour partager un poids qui est au dessus de ses forces et, bien souvent, de ses compétences, le stratège a toujours besoin des autres.

De même, pour faire admettre des mesures iniques dont elle a pris l'initiative ou qui lui ont été dictées, l'autorité individuelle ou collective doit "préparer le terrain" comme un paysan laboure son champ avant de semer. Préparer le terrain et les esprits... 

La position du "dominant" lui interdit de reconnaître son incurie, sa perversion ou son impuissance. Car, dès lors, il prêterait le flanc aux plus vives attaques, à la révolte et pour finir il serait discrédité. Le début de la fin pour le dominant...  

Alors, que fait-il ?

Facile... Il commence par culpabiliser son auditoire.Il souffle sur les braises de la culpabilité que la morale judéo-chrétienne a fait naître en chacun de nous. Du grand brasier de notre éducation primitive dans lequel nos pulsions animales, certes, mais aussi notre candeur, notre fraîcheur, notre spontanéité, notre vérité, ont été consumées, perdurent les tisons ardents et douloureux de la culpabilité. A vie... 

De fait, nous sommes tous, ou presque, condamnés à la culpabilité à perpétuité... Le dominant le sait.

 

Ainsi, pour affirmer, d'emblée, sa position dominante, le stratège fronce les sourcils, adopte un ton grave, et avec toute l'emphase dont il est capable (dans certains cas, c'est à mourir de rire !), il prétend que l'heure est grave, que ça ne peut plus durer comme ça. Fini de rigoler...

Et, mécaniquement, la faute nous incombe. Une faute que nous ne soupçonnions pas auparavant !

Et sans comprendre qu'elle en est véritablement la nature, nous la prenons néanmoins à notre compte. Instinctivement. Parce qu'on est toujours coupable de quelque chose. Alors de ça ou du reste...C'est dans notre "logiciel", comme on dit aujourd'hui. C'est ainsi que nous avons été formatés.

Dès lors, la flamme de culpabilité qui nous habite, désormais ranimée, le stratège obtient ce qu'il veut.

 

Le manager n'a qu'à évoquer les soi-disant mauvais résultats de l'entreprise pour nous demander, en une matinée, le travail qui aurait nécessité une journée entière...

Le gendarme, au prétexte de diminuer le nombre de morts sur la route, va nous verbaliser parce que nous avons été flashés à 52 kms/h alors que la vitesse autorisée était limitée à 50.

L'instituteur va demander aux enfants, dès le plus jeune âge, plus de travail, plus d'efforts en martelant (et il a raison !) que seuls les diplômés pourront s'en sortir et que c'est même pas sûr. 

Pour le parent, c'est différent... S'il ne perd pas pied trop tôt, il a quelques années devant lui pendant lesquelles la culpabilité de l'enfant est incontestée. Par définition, l'enfant est coupable. On peut tout demander à un enfant en prétendant seulement qu'il n'a pas été sage... Même si, on est d'accord, ni vous, ni moi, ne savons exactement ce qu'être sage veut dire...

 

Coupables de tout. Nous serions coupables de tout.

De l'insécurité routière, du chômage, de la délinquance, de la récession, de la dette grecque...

Fillon, aujourd'hui, a froncé les sourcils et adopté un ton grave. Et je n'ai pas ri.

NOUS avons trop dépensé ! NOUS avons joué les cigales pendant trop d'années ! NOUS avons été inconséquents, irresponsables !

Il faut désormais se serrer la ceinture et adopter une politique d'après-guerre !

Fillon, en bon stratège, ne fait qu'appliquer la bonne vieille méthode de la culpabilisation.

Sans le dire ouvertement, il nous rend responsables de ce chaos. Pour nous faire avaler sa énième couleuvre et épargner une énième fois l'élite dont il fait partie et qui est la seule responsable de cette crise qui n'en finit pas...

 

Je n'ai jamais tué personne sur la route, j'ai toujours travaillé depuis que j'ai 19 ans et j'en ai 55, je n'ai jamais volé une pomme à un étalage, j'ai toujours payé mes impôts en dehors de toute niche fiscale et réglé toutes les pénalités induites par mes retards, mon salaire net, non seulement n'augmente pas, mais diminue parce que les charges augmentent et si je pouvais passer des vacances en Grèce pour aider les autochtones, je le ferai, mais je n'ai pas les moyens !

 

Alors, Fillon, tu ne me la fais pas... Je ne me sens coupable de rien.

Un jour viendra, qui peut savoir quand... Dans dix ans, dans vingt ans, demain ? Un jour viendra, cependant, où les vrais responsables de ces injustices seront reconnus. Et où les vrais coupables seront confondus.

C'est déjà arrivé. En 1789, par exemple... En France.

Certes, rien n'est jamais acquis, ça tourne. Comme la terre, les hommes sont en perpétuelle révolution.

 

L'Histoire, comme la justice, est lente. Trop lente... Mais sûre, prévisible et implacable.

Nous serons, vous et moi, un jour,  innocentés.

Pour un temps, du moins. Et jusqu'à la prochaine fois... 

 

   

   

  

   

  

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 18:38

La charmilleN'importe où, ça pourrait être n'importe où...

 

Dans mon département, la Vienne, dans tout le département, comme partout en France.

Enfin presque partout. Il faut qu'il y ait un bois. Même petit. Dans la Beauce, par exemple, je ne crois pas.

Je n'ai rien contre la Beauce. Mais faut reconnaître que, question "bois", la Beauce ne peut pas concourir. 

 

Ce petit bois, certes, n'a rien d'exceptionnel. Je peux concevoir que l'image de cette petite allée dite de la "Charmille", dans le bois de V., puisse laisser indifférent.

 

 

Au mieux, elle peut évoquer le souvenir d'un autre petit bois. Le vôtre...

 

Dans une autre région, voire dans un autre pays. Le petit bois de votre enfance.

Celui dans lequel vous avez joué aux "cow-boys et aux indiens" ou aux "gendarmes et aux voleurs", comme moi. Selon vos affinités, vos séries télévisées ou vos films préférés de l'époque, ou le métier de vos parents, ou l'éducation que vous avez reçue des-dits parents, ou rien de tout ça.

Après tout, on ne sait pas...

 

Quoiqu'il en soit, ce petit bois-là est à moi.

Entendons-nous bien... Il n'est pas à moi. Il appartient à quelqu'un. Comme le moindre mètre-carré du territoire français.

Une chose est sûre. En France, comme partout sur la planète, on ne peut pas pas faire un pas sans être chez quelqu'un.

Et quand ce n'est pas chez quelqu'un, c'est chez tout le monde ! Le domaine public, quoi...

En réalité, il est aujourd'hui impossible de fouler la moindre feuille morte, le moindre caillou, la plus petite motte de terre, sans se dire ,qu'après tout, on n'a pas eu forcément raison de le faire... Qu'on risque quelque chose. Qui sait ?

De telle sorte que nous sommes tous des étrangers, plus ou moins tolérés, de notre propre monde... 

Tous, sauf ceux qui possèdent. Mais même eux ! Car, pour combien de temps ?

Riches ou pauvres, nous sommes tous des étrangers sur terre. De toute façon...

Preuve...Nos visas dépassent rarement les cent ans.

 

Bref !

Ce petit bois-là est à moi. Un point, c'est tout ! 

C'est dans ce petit bois que j'ai écorché les genoux tendres de mes dix ans.

J'en ai encore la douce cicatrice.

Et rien, ni personne ne pourra m'en guérir...

Et c'est tant mieux ! 

 

 

 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 18:19

Dodo,

Bon anniversaire !

 

Ce jour est l’occasion pour moi de te raconter une petite histoire qui me tient à cœur…

Ton père, mon frère, la connaît. Mais pas comme ça…

C’était à la toute fin des années 1950. Bien avant donc la guerre de 1968...

 

J’étais à la maternelle. J’étais alors un tout petit garçon. J’étais sage, beau, mignon, affectueux. Tout comme aujourd’hui…

La maternelle, c’était le monde qui s’ouvrait. Je quittais enfin les jupes de ma mère pour m’émerveiller des mille et une choses à découvrir !

Quand j’étais un peu moins sage qu’à l’accoutumée, ma mère me menaçait de ne pas m’emmener à l’école. C’était radical ! J’obtempérais illico.

 

Et dans cette petite école communale du 19ème arrondissement, rue Manin, pour la toute première fois de ma vie, j’ai rencontré une petite fille noire.

Je rappelle que je relate des faits qui datent de près d’un demi-siècle…

Les gens de couleur, comme on les a appelés plus tard, n’étaient pas légion en France.

Personne ne m’avait prévenu ! Il pouvait donc exister des êtres humains dont la peau était noire ! Des êtres différents !

Intrigué, je m’approchai de cette petite fille, lui tendis la main qu’elle accepta puis, comme dans un ralenti un peu pesant d’un cinéaste d’avant-garde sud coréen (la musique électro "prise de tête" en fond sonore, en moins), je la retirai et l’examinai avec toute l’anxiété dont est capable un petit garçon de trois ou quatre ans.

Elle n’avait pas déteint !

Cette petite fille était naturellement noire ! Elle était simplement différente et sa différence n’altérait en rien la mienne. Au contraire, elle l’enrichissait.

 

Malgré toutes ces années passées, je me souviens encore parfaitement de cet épisode, ô combien déterminant de ma vie.

Je crois en outre me souvenir également (mais la mémoire d’un vieil homme lui fait souvent défaut ) que cette petite fille africaine fut une de mes meilleures copines. Ce dont je suis sûr, en tout cas, c’est qu’elle ne fut jamais une ennemie. J’admis sa différence et reconnus ses qualités humaines. Elle en fit de même.

 

Depuis ce jour, toute ma vie, Dodo, je me suis efforcé de voir en l’autre l’essentiel !

Ses qualités humaines, précisément. Malgré les différences de peau, de classe sociale, de langue, d’âge et d’aptitude… D'aptitude à se mouvoir, à parler, à vivre pleinement…

Je n’y arrive pas toujours spontanément. Je suis parfois très con. J’ai des a priori comme tout le monde. Je peux être méprisant, négligent, méchant, indifférent. Mais quand je m’en rends compte, je me remémore la main de cette petite fille noire et je redeviens un homme.

 

Fort heureusement, je ne suis pas une exception !

Tes parents, eux non plus, n’ont pas été prévenus. Ils ne s’attendaient pas à donner naissance à un enfant différent.

Mais parce que ce sont de vraies bonnes personnes, capables de beaucoup d’amour et d’intelligence, ils ont reconnu et mis en avant tes remarquables et attachantes qualités humaines qui font aujourd’hui leur bonheur, celle de ton frère, de tous tes amis et, je crois pouvoir l‘affirmer, du tien aussi.

 

J’ai peut-être été un peu grave ce soir…

Mais c’était pour mieux te dire que je t’aime. Tout simplement.

Je te rassure, je vais vite trouver l’occasion de te raconter une petite connerie pour te faire rire.

Et, ça aussi, c’est un grand bonheur pour moi…

 

Bon et heureux anniversaire, mon Dodo !

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 12:30

Un matin d’été… Vers 10 heures. 25 degrés à l’ombre.

Une terrasse donnant sur un grand jardin paysagé à peine reposé par une nuit trop chaude.

Sur la terrasse, le dos au mur de la maison, assis, les jambes pliées sous une petite table d’extérieur, côte à côte, deux amis.

L’un deux, avachi, penché en avant, le coude gauche prenant appui sur la table pour maintenir son menton dans le creux de sa main. Son visage, ainsi paresseusement exposé au soleil, n’a aucune expression.

Les yeux mi-clos, la joue gauche et la lèvre supérieure déformées par la pression de la main, César n’offre pas l’image d’un conquérant.

L’autre, Abdelkader Farouk, un auvergnat du sud, pays de Driss Hortefeux et de Tarik Besson, quant à lui, bombe le torse, les mains croisées sur sa nuque, la mine altière, le regard embrassant l’horizon.

Sur la table, deux assiettes remplies de coquilles d’huître vides.

Deux verres vides également. Une bouteille de blanc, vide, elle aussi…

Et nos deux compères, pleins comme… des huîtres.

Une désolation…

- Qu’est-ce que vous branlez ?

C’est Svenborg qui parle. Une auvergnate du Nord.

C’est la compagne d’Abdelkader Farouk.

Ils se sont rencontrés dans l’Auvergne centrale. A Paris, pour être plus précis.

Lui était Facteur Subjectif et elle, Facteur Objectif dans le même centre de distribution postal.

C’est leur 26éme ou 27éme année de vie commune.

Et ils s’aiment toujours.

- On attend la croissance, chuchote Abdelkader Farouk.

- Vous attendez quoi ?

- La croissance, confirme César.

- Ah… Et vous avez rendez-vous ?

- Oui…

- Jean-Marc Sylvestre l’a dit. La croissance sera au rendez-vous en 2010, entonnent en chœur les deux amis.

- Et… Pourquoi aujourd’hui ?

- On ne sait jamais, dit Abdelkader Farouk. Et on ne veux pas se laisser surprendre.

Jean-Marc nous a mis en garde. « Il ne faut pas rater le train de la croissance ! »

- Et il va passer par là ?

- C’est pas impossible, mais c’est pas sûr.

- Pour l’instant, nous n’avons entendu qu’un train de mesures, très loin au Nord, avoue César.

Svenborg rapproche énergiquement une chaise de la table.

Elle se débarrasse de son gilet, échancre rageusement son débardeur pour exposer au soleil, à la limite de la décence, sa gorge avantageuse, se laisse tomber sur la chaise puis se relève aussitôt comme mue par un besoin pressant.

- Je vais chercher ma crème solaire !

- Tu peux ramener une bouteille ? Interroge Abdelkader Farouk.

César laisse Svenborg s’éloigner quelque peu avant d’interpeler Abdelkader Farouk en ces termes :

- Tu crois vraiment qu’on a une chance de la voir aujourd’hui ?

- Qui ?

- Ben, la croissance, mon con ?

- Faut voir… Tous les indices sont au rendez-vous. Des gains de productivité sans précédent ont été faits ces derniers temps. Les flux sont tendus comme des strings. Les capitaux reviennent en force sur les marchés nationaux grâce à l’immunité accordée aux exilés fiscaux qui ont retrouvé une virginité de "catherinette". La variable d’ajustement, c’est-à-dire les salariés, toi et moi, a été pressurisée pour dégraisser les entreprises en surcharge pondérale. Bon, d’accord, ça fait des chômeurs en plus mais l’actionnaire est détendu et c’est-ce qui compte…

La confiance ! La confiance, César ! La confiance revient !

- Et ?

- Ben, sans la confiance, rien n’est possible, couille molle !

L’actionnaire, il doit être confiant. C’est primordial !

C’est comme un p’tit animal, l’actionnaire. Quand il n’est pas confiant, il se recroqueville, il se terre. Ou pire, il se casse !

Non, l’actionnaire, on doit le choyer, le caresser dans le sens du poil. Lui tailler des pipes, si nécessaire !

Il ne doit pas être tenté d’aller voir si les taux de rendement sont plus juteux ailleurs. Il doit nous laisser son pognon.

L’actionnaire, ça le rassure les plans sociaux. C’est pas que ça lui fasse plaisir mais ça le rassure. Comme ça, il se dit que son argent est entre de bonnes mains. Qu’il ne sert pas à payer des incapables, des fainéants, des moins que rien…

L’actionnaire, il en veut pour son argent. Du 14, l’an… C’est le minimum !

- Même si la croissance n’est pas au rendez-vous ?

- Et oui, blaireau, et oui ! Même en temps de crise, l’actionnaire, y veut du 14 !

L’actionnaire, y s’en branle de la crise. Crise ou pas, y veut du 14 minimum !

Et s’il ne les a pas chez nous, en un clic d‘ordi, il reprend son blé et va l’investir à l’autre bout du monde. Et si ça suffit pas, il prend ses cliques et ses claques et va consommer ailleurs. Dans des paradis pour actionnaires. Des paradis fiscaux…

Bien sûr, il s’y emmerde grave… Mais, là au moins, il retrouve la confiance.

La confiance, César… La confiance !

Sans confiance, point de capitalisme ni d’économie néolibérale ou libérale, tout court. Et point de croissance !

La confiance comme un postulat, la condition sine qua non pour la croissance.

La confiance, c’est comme une pâte à tarte sur laquelle on dépose amoureusement les fruits de la croissance.

Amusant… Ce sont les actionnaires qui vont la manger cette putain de tarte ! En grande partie, en tout cas… Le truc entraîne le machin.

Et le travailleur se contente des miettes. Comme d’hab‘… Depuis toujours.

Quel pauv’con, ce travailleur…

Avant, au moins, il se révoltait, le travailleur ! Il ne supportait pas que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres !

Aujourd’hui, conditionné comme un pack de yaourts, lobotomisé par les JT des chaînes publiques et privées, hypnotisé par les sirènes de la démocratie « mon cul ! », inculte, crédule, premier degré, il s’imagine qu’en glissant son bulletin dans l’urne il va changer le monde ou sa condition de « peigne-cul » !

Tu y crois, toi ?

- Ché pas… M’en fous. J’te fais confiance.

T’avais pas demandé à Svenborg d’amener une bouteille ?

Et des huîtres, y en a plus ?

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