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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 13:20

Brigitte,                                                                                                                                                    11/03/15 

 

A quelques jours près, ça fait six mois que nous avons rompu.

A cette occasion, je veux te dire...

 

Je veux te dire que je ne m'en suis pas encore tout à fait remis.

Je veux te dire que je m'en remettrai. Que ce n'est qu'une question de temps. Comme pour tout le reste.

Je veux te dire que tu as été le dernier amour qu'il m'a été donné de vivre.

Je veux te dire que j'en suis, d'une certaine façon, soulagé. C'est trop d'énergie. C'est épuisant. Je n'aurai plus la force. C'est ainsi.

Je veux te dire que je t'en veux encore un peu. Que je ne te veux pas de mal mais que j'ai mal encore à cause de toi.

 

Je veux te dire que j'ai lu tes courriels la dernière fois que j'ai été seul chez toi. Enfin, certains d'entre eux. Ceux qui étaient encore lisibles. Ceux que tu n'avais pas effacés.

Je veux te dire que j'en ai tiré certaines conclusions. Des conclusions qui m'ont conforté dans ce que je savais déjà.

Je veux te dire que j'avais compris depuis quelques semaines, voire quelques mois, avant notre séparation, que la fin de notre idylle était inéluctable.

Je veux te dire que j'ai même consulté tes messages sur ton portable à ton insu. Je peux te dire que je n'en suis pas fier.

Et, de plus, je ne peux pas dire que c'était probant. Mais j'ai pu me rendre compte à quel point tout un versant de ta vie m'était étranger.

Je veux te dire que l'existence d'un certain G.R., en particulier, m'a interrogé. Parce qu'il apparaissait, à la fois dans tes mails et dans ta messagerie, et que tu ne l'as jamais (une seule fois, en vrai...) évoqué en ma présence, je me suis posé des questions.

Je veux te dire ce que je t'ai déjà dit. Tant pis... Je ne supportais plus ces zones d'ombre, ces cloisonnements dans ta vie dont tu as fait un système. Peu importe qu'il s'agisse de Gérard Rodriguez ou d'un autre !

 

Je veux te dire que tu ne m'as pas menti. Non.

Je veux te dire que tu ne m'as pas tout dit, c'est tout. Sciemment. Depuis le début. Et que tu ne m'as jamais tout donné.

Je veux te dire que ton investissement dans notre relation n'a jamais été égal au mien.

Je veux te dire que tu as été capable de t'abandonner pleinement à un homme inconséquent avant moi et que tu t'es trompée. Que ce n'était pas un bon choix. Et que, toi Brigitte, tu ne t'en es jamais remise.

Je veux te dire que j'en ai subi le contrecoup.

Je veux te dire que nous nous sommes rencontrés top tard.

Je veux te dire que nous avions trop vécu, l'un et l'autre, avant de nous connaître. On n'oublie rien. C'est ainsi.

 

Je veux te dire que je t'ai aimée.

Je veux te dire que je t'ai aimée si fort que je t'en remercie encore.

Je veux te dire que je ne regrette rien. Rien de rien !

Je veux te dire que tu es inscrite dans ma vie à jamais.

Je veux te dire que j'aurai, jusqu'à ma mort, un tendre et bon souvenir de toi.

 

Je veux te dire que c'est trop con, tout ça...

Je veux te dire que je souris niaisement en concluant de cette manière.

 

Je veux dire que je t'embrasse.

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 18:48

Le 20 Décembre 2013,

 


Nous voilà de nouveau réunis...

On est là, tous. Et oui... On tient bon. On s'accroche.

 

Et pourtant. Et pourtant...

Et pourtant, faut bien le reconnaître, on s'acharne contre nous. On nous travaille au corps. On nous sape le moral. On nous nuit.

 

Mais en 2013, comme en 2012 et les années précédentes, on a maintenu le cap.

On est formidable...

On a essuyé toutes les tempêtes, toutes les bourrasques, les cyclones, les typhons, les tsunamis et j'en passe...

On a contourné les écueils, les étocs (écueils, étocs, c'est pareil ou presque, mais je voulais absolument dire ce mot « étoc ». Je trouve que ça le fait...).

On a été des champions de la navigation à vue. On a su... heu... baisser la voile. Enfin, je veux dire la ranger comme il faut parce qu'il le fallait. Enfin...

 

Bon, là... Je l'avoue, j'ai « googeulisé » comme un malade pour retranscrire les termes idoines de marine qui pouvaient illustrer mon propos. Pour faire le malin et, peut-être, épater Antonin et Anya.

J'ai voulu faire bonne impression, quoi. Mais j'ai vite été découragé par le lexique maritime. Y a pas à dire, ils ne parlent pas comme nous, les marins...

 

« Gîte », par exemple...

Tout le monde sait ce qu'est un gîte. Moi qui vous parle, j'habite un gîte. Rural, comme c'est souvent le cas. Et, en ce qui me concerne, très... rural.

Et bien, « gîte », pour les marins, c'est l'angle d'inclinaison du navire sousl'effet du vent ou des poids embarqués à bord. Rien à voir !

Prenez, « Pomme de Touline »... Bon...

Moi, et beaucoup d'autres, a priori, on se dit, tiens une nouvelle espèce de pomme ! On connaissait la Golden, la Reinette de Caen, la rouge, la jaune, la Bio, la semi-bio, la pas bio du tout, mais là, la pomme de Touline, on connaît pas.

Et bien, la pomme de Touline, c'est le nœud marin qui sert de lest pour lancer une amarre sur le quai . Ça vous la coupe, ça hein ?

Un p'tit dernier, « Tirer des bords... »

Alors là, ça, ça nous parle ! Surtout après quelques verres.

Oui, oui... Quoi keu...

C'est...Avancer en zigzags en virant de bord souvent, en se retrouvant alternativement tribord puis bâbord amures. On tire des bords de près pour remonter contre le vent (voire, louvoyer), mais parfois aux allures portantes, on tire des bords de largue, lorsque le vent est plein arrière.

Bien ! On va laisser reposer tout ça et on en reparle à l'occasion...

 

En 2013, on nous a tout fait !

L'agence « Standard and Poors » nous a confisqué notre triple A. Si, si...

Voilà, on était contents, la France était bien notée. On pouvait se la péter dans les G8 et être un peu condescendants et protecteurs à l'égard des portugais, des espagnols et je ne vous parle pas des grecs !

Et patatra ! Plus de triple A !

Mais y a plus grave. Car, après tout, je suis prêt à parier que nombre d'entre nous, autour de cette table, a perdu son triple A depuis longtemps.

Y a eu les guerres aussi, les injustices, la misère tout ça. Comme tous les ans. Malheureusement. Bien sûr...

 

Non, non, mais y a pire ! Toute proportion gardée, j'entends...

Vincent Delerme. Vincent Delerme a sorti un nouvel album ?!

Non mais vous y croyez, vous ?

Voilà un « fils de » qui a le talent d'une huître de Cancale, la voix d'un répondeur de Pôle-emploi, le charisme d'un merlan frit, et le propos convenu du Bobo moyen du Marais (parisien, on est d'accord. Pas poitevin...) et qui nous impose ses niaiseries sur France Inter.

Ma « France Inter » !!!

Mais peu importe...

L'essentiel n'est pas là.

L'essentiel est ici. Là, maintenant. Dans ce que nous partageons ce soir.

Un moment, des moments. Des moments de complicité, de connivences, d'amitié, d'amour. Avec vous et... avec celle que j'aime.

Des moments qu'on ne mettra jamais en chanson mais dont la petite musique nous accompagnera à jamais.

 

Gageons qu'en cette année 2014, comme dans toutes les années qui l'ont précédée, on maintiendra le cap !

Cap sur l'amitié ! Cap sur l'amour !

N'y a t-il pas plus belle destination...

 

Joyeux Noël et bonne année 2014 à tous !

 

Et, dans un subit et naturel élan de générosité, laissez-moi vous souhaiter une bonne année 2015 également...

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 13:43

Jean-Paul D.

 

S., le 11 Juin 2012

 

 

 

 

Madame,

 

 

Avant le 31 du mois dernier, je ne vous connaissais pas.

Bien. Et alors ? Me direz-vous.

Alors, ceci…

 

J’étais à La Charité sur Loire ce jeudi 31 mai 2012 et, ma compagne et moi, avons assisté à votre brillante prestation en l’Eglise Saint Pierre en voie de… de réfection, de réhabilitation, je ne sais plus très bien.

En préambule, un élu local, peut-être même régional, Président du festival, sur le ton de la plaisanterie où l’on avait peine à discerner le premier du second degré, a prétendu que ce lieu avait été choisi par vous. Vous vous en défendîtes…

Et pourquoi, donc ? Après tout, c’était le lieu idéal pour votre conférence.

Un lieu à mi-chemin entre le profane et le sacré. Une vieille église défaite de toute sa symbolique dans laquelle la philosophe pouvait, solennellement et sans crainte d’être compromise, y affirmer sa foi.

 

Cette « confession » m‘a surpris.

Non pas que j’ignorais que certains philosophes fussent croyants, non… Et de tout temps. Il y a de nombreux et illustres exemples. Je suis certain que vous en feriez une liste exhaustive ou quasi… si on vous le demandait. Bien mieux que tout autre. Et bien mieux que moi, en particulier.

Néanmoins, sans doute coupable de préjugés, j’imaginais qu’un ou une philosophe devait se garder de mettre sa science rhétorique au service d’une profession de foi. De foi religieuse, en l’occurrence.

Les voies du Seigneur sont impénétrables...

Ne le sont-elles pas également pour les philosophes ? Je sais ce qu’il faut penser de cette maxime, tellement impénétrable elle-même, qu’elle peut faire illusion pour étayer toutes sortes de propos, fussent-ils contradictoires. N’empêche…

N’empêche, au prétexte d’une sorte de défi qui vous avait été lancé lors de ce festival du mot, vous nous avez courageusement, à partir de ce mot « intimité » qui ne suggère, a priori, aucune connotation manifeste avec l’idée de Dieu, entraînés vers votre credo. Méthodiquement et…professionnellement.

Aujourd’hui, je me demande si un autre mot, je ne sais pas moi, «obscurité», par exemple, n’aurait pas pu faire l’objet de la même savante démonstration de votre part.

 

De la surprise à consternation…

En bon élève, avec toute l‘attention dont je suis capable, j’ai suivi vos pas, un à un, sur l’itinéraire sinueux et accidenté qui devait nous mener à la vérité de « l’intimité ».

J’ai eu un peu de mal parfois, je le reconnais. Il fallait emprunter cette voie, puis une autre. Dès lors, vous nous annonciez avec malice que nous avions fait fausse route, qu’il fallait rebrousser chemin et nous lancer sur cette autre voie, celle qui nous avait échappé dans notre précipitation. Oui, celle-là !

Au bout d’une heure, un peu éprouvé, je vous ai vue vous arrêter et vous sembliez satisfaite, rayonnante. Vous étiez, de toute évidence, arrivée à l’endroit précis où vous désiriez nous conduire. L‘« intimité », avez-vous dit, ce n’est pas ce que l’on croit. Mais c’est peut-être croire.

 

Cet endroit, cependant, pour moi ne ressemblait à rien d’abouti comme, par exemple, une auberge hospitalière après une longue randonnée ou la ligne d’arrivée que l’on franchit en haut d’un col. Pire, je n’avais pas le sentiment d’être parvenu où que ce soit. Rien de tout ça.

L’intimité, avez-vous prétendu, ce n’est pas de l’ordre du privé, même pas de l’ordre de l’intime au sens où nous l’entendons habituellement. C’est ailleurs. C’est en nous, certes. Mais peut-être que ça ne dépend pas de nous…

A ce stade, dépourvu de mes idées reçues sur l’intimité et de mon intimité elle-même, j’étais impatient et j’attendais naïvement une solution que vous ne manqueriez pas de nous délivrer en poursuivant encore un peu votre cheminement intellectuel.

Et bien, non ! Au lieu de cela, je fus abandonné en rase campagne comme nombre de vos auditeurs sans doute. Pour vous, l’intimité, c’était la foi. Point final. Et, quant à nous, et bien… nous étions libres de combler ce vide par ce que nous voulions.

Fin de la prestation, plus le temps de la commenter ou de répondre à vos questions. Je suis très en retard, vous m’en voyez désolée… Merci à tous !

 

Sans mentir, j’ai mis deux ou trois jours à m’en remettre.

Mais je ne crois pas en Dieu, moi !, me suis-je dit. Qu’on me rende mon intimité d’honnête mécréant !

J’avais un tas de questions à vous poser. Cette lettre aurait pu en faire l’objet.

Puis, j’ai souri… Je me suis souvenu de cette citation de Pierre Desproges. Et, vous noterez que j’ai au moins retenu cette leçon, je ne cite que les auteurs que j’ai compris...

« Quand un philosophe me répond, je ne comprends plus ma question. »

Alors, j’ai renoncé.

 

Aujourd’hui, je vais mieux. Je ne vous connais pas davantage mais je suis conforté dans cette idée qu’aussi brillant et érudit soit-il, aucun raisonnement philosophique ne peut démontrer Dieu. Tous les philosophes qui s’y sont hasardés ont échoué.

Et, en réalité, comme disent les scientifiques expérimentalistes, tout se passe comme si Dieu n’existait pas.

J’en suis intimement convaincu…

 

Cordialement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • : La lecture, l'écriture, la littérature, quelques poèmes, deux ou trois idées enfin, comme autant de baumes pour nos âmes meurtries.
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